Favoriser la résilience des forêts gaspésiennes par une gestion éclairée des risques

La TGIRT de la Gaspésie a mandaté Habitat afin d’enrichir sa réflexion sur la résilience et l’adaptation des forêts de la région aux changements climatiques. Les Tables de Gestion Intégrée des Ressources et du Territoire (TGIRT) sont des espaces de concertation régionaux axés sur les préoccupations et priorités liées aux activités d’aménagement forestier publiques. Habitat a ainsi mis à profit ses analyses phares en vulnérabilité, diversité et connectivité des forêts, qui orienteront les propositions de recommandations des TGIRT de la Gaspésie quant à l’aménagement du territoire forestier gaspésien.

La forêt gaspésienne à l’ère des changements climatiques

Les transformations à l’œuvre depuis l’ère de l’exploitation industrielle de la forêt gaspésienne se conjuguent aujourd’hui à la menace des changements climatiques actuels et futurs. L’aménagement forestier doit ainsi considérer encore plus attentivement la résilience des forêts pour assurer la pérennité des ressources et des écosystèmes. Plusieurs notions scientifiques peuvent outiller concrètement les gestionnaires du territoire; c’est le cas des analyses de vulnérabilité, de diversité fonctionnelle, et de connectivité des milieux forestiers, au cœur des expertises d’Habitat en foresterie.

Des analyses qui outillent les gestionnaires du territoire 

Une forêt résiliente est une forêt composée d’espèces d’arbres variées ayant des tolérances et des vulnérabilités diversifiées, lui permettant ainsi de mieux s’adapter au plus grand nombre de stress écologiques possible. Analyser la diversité des traits biologiques, c’est-à-dire la diversité fonctionnelle, en prenant en compte des caractéristiques telles que la densité de bois ou la vitesse de croissance, permet de mesurer la résilience de la forêt.

Habitat a également entrepris une analyse de la connectivité fonctionnelle qui a permis de comprendre la capacité des parcelles forestières du territoire à contribuer à cette diversité fonctionnelle. Leur contribution se fait grâce à l’échange de matériel organique et génétique via la dispersion des semences, et donc grâce à la distribution d’une variété de traits biologiques à travers le paysage.

 

Nos recommandations : Prioriser les actions en fonction du portrait global

Pour établir ses recommandations, Habitat a combiné ses analyses afin d’identifier les peuplements forestiers où des interventions devraient être priorisées. Habitat recommande notamment:

  • Mettre en place de zones d’interventions sylvicoles d’enrichissement pour les peuplements forestiers caractérisés par une faible diversité fonctionnelle, une faible connectivité fonctionnelle et une susceptibilité plus grande aux principales menaces biotiques;

  • Conserver les peuplements forestiers mixtes pour préserver les portions de territoire déjà naturellement diversifiées;

  • Maintenir et favoriser la régénération des groupes fonctionnels non résineux, ou encore de maintenir et favoriser la régénération des espèces peu représentées, telles que le thuya occidental et le mélèze laricin.

 

 Des risques… et des opportunités

Si les changements climatiques entrainent des risques partout sur le territoire, ils sont également dans certains cas porteurs de possibilités. La forêt gaspésienne pourrait ainsi abriter de nouveaux habitats propices pour l’érable à sucre, une espèce actuellement peu présente sur le territoire gaspésien. Chose certaine, la connaissance fine des axes de vulnérabilité et de résilience du territoire forestier de la Gaspésie sera un atout dans la prise de décision des acteurs qui en prennent soin.

Vous souhaitez améliorer la résilience de vos forêts?

L’équipe d’Habitat accompagne les municipalités et les organisations publiques et privées dans la mise en œuvre de stratégies d’adaptation forestière fondées sur notre expertise scientifique.

Anaïs Légaré-Morasse

Anaïs est diplômée en études internationales et en science politique. Elle a occupé des postes de direction dans différents organismes à but non lucratif, dans les milieux des affaires et de la protection de l'environnement. Anaïs met à profit son expertise en affaires publiques pour développer des partenariats au bénéfice de la protection de la biodiversité.

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