Un diagnostic personnalisé : le cas du Plan climat de la MRC Lac-Saint-Jean-Est

Verdir les communautés, conserver les milieux naturels, mieux gérer les eaux pluviales… Les solutions fondées sur la nature sont de plus en plus utilisées dans les stratégies d’adaptation aux changements climatiques, car elles permettent de renforcer la résilience des territoires tout en procurant de multiples bénéfices environnementaux et sociaux.

Mais, parmi cette panoplie d’interventions, lesquelles permettront aux collectivités d’obtenir des résultats tangibles qui contribueront à protéger durablement leur qualité de vie et leur environnement? Afin d’identifier les actions les plus porteuses, les municipalités régionales de comté (MRC) doivent d’abord évaluer les risques climatiques et les vulnérabilités propres à leur territoire. Le Plan climat de la MRC Lac-Saint-Jean-Est illustre bien cette démarche.

Dès l’été 2024, la MRC Lac-Saint-Jean-Est a été l’une des premières MRC à entreprendre une démarche de Plan climat dans le cadre du programme Accélérer la transition climatique locale (ATCL). Lancé par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), ce programme vise à mieux outiller les municipalités et les MRC en matière d’atténuation et d’adaptation à un climat en évolution.

La force d’un Plan climat personnalisé

Afin de personnaliser le Plan climat aux particularités de chaque territoire, ainsi qu’aux préoccupations et aux priorités de la MRC, Habitat a développé une méthodologie robuste basée sur des standards internationaux. Celle-ci tient compte de la vraisemblance des aléas, de la gravité de leurs conséquences et de la vulnérabilité du territoire face à ces impacts climatiques.

 

💡 En planification environnementale, un aléa désigne un événement naturel d’origine climatique susceptible de porter atteinte aux personnes, aux biens ou aux écosystèmes, tel qu’une pluie torrentielle, une canicule ou une crue.

 

Ces variables sont ensuite intégrées à la formule suivante :

 

L’analyse de la vulnérabilité proposée par Habitat va au-delà des exigences ministérielles. Elle constitue une mesure complémentaire au calcul du risque et joue un rôle central dans la personnalisation du plan d’action. Or, avant même d’alimenter cette équation, l’élaboration d’un diagnostic climatique doit passer par plusieurs étapes.

D’abord, transformer les exigences d’aménagement en actions concrètes exige non seulement un accès à des données de qualité, mais aussi la capacité de les traduire en diagnostics pertinents. Il ne suffit pas d’informer les gestionnaires du territoire de la hausse des précipitations liquides prévue sur la MRC Lac-Saint-Jean-Est selon les scénarios d’émissions modérées ou élevées de gaz à effet de serre (GES). Il faut également communiquer de quelles manières ces changements pourraient se manifester dans le quotidien des collectivités.

Comment cet aléa climatique se manifestera-t-il sur le système hydrique, les risques d’inondation ou la stabilité des sols? Quelle sera l’intensité de ces impacts? Certaines municipalités sont-elles plus vulnérables en fonction des caractéristiques particulières de leur environnement naturel, de leur capacité d’adaptation ou de leur profil démographique?

La spatialisation des risques climatiques à l’aide d’outils de cartographie permet de synthétiser ces différents éléments de manière visuelle afin de soutenir la priorisation des mesures d’adaptation.

 

Par exemple, l’augmentation des précipitations liquides, en raison de l’accroissement de la quantité d’eau absorbée par le sol, peut constituer un élément déclencheur de glissements de terrain pour certains types de sols. Les glissements de terrain peuvent entraîner des bris d’infrastructures routières ou de gestion des eaux, avec des répercussions importantes sur les services municipaux, la santé et la sécurité des populations ainsi que l’état des cours d’eau.

Généralement, les municipalités situées à proximité de zones à risque seront les plus vulnérables aux glissements de terrain. Afin d’en prévenir les conséquences, la carte des zones à risque de glissement de terrain ci-dessous peut aider à déterminer où concentrer les efforts d’adaptation.

Concrètement, la vulnérabilité très élevée d’Alma pourrait signaler un besoin d’entreprendre des travaux de stabilisation des sols ou de renforcement des infrastructures dans les zones à risque.

Une démarche ancrée dans les réalités locales

La réalisation d’un Plan climat adapté au territoire passe également par une collaboration étroite avec la MRC, les villes qui la composent et les différents acteurs du milieu. Ces derniers apportent une connaissance fine des vulnérabilités, des enjeux et des ressources du territoire, ce qui permet de concevoir des mesures réalistes et alignées sur les réalités locales.

Pour la MRC Lac-Saint-Jean-Est, Habitat a mis sur pied un comité d’experts locaux au début de 2026 afin de valider que les constats issus de la démarche soient bien arrimés aux réalités de la MRC, tant sur le plan territorial qu’en ce qui concerne les acteurs du milieu.

Une consultation publique, à laquelle Habitat a également pris part, a contribué à mettre en lumière les préoccupations des citoyens et à vulgariser les grandes lignes des résultats du calcul de risque.

Quand le Plan climat prend vie

Soutenu par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), le volet 2 du programme ATCL accompagne les MRC dans la transformation de leurs ambitions en matière d’adaptation en réalisations concrètes.

Un Plan climat n’étant aussi efficace que les fondations sur lesquelles il repose, il est essentiel de s’appuyer sur une méthodologie rigoureuse et ancrée dans les réalités du territoire afin d’orienter efficacement les actions et les investissements futurs d’une MRC.

Dans la MRC Lac-Saint-Jean-Est, le diagnostic produit par Habitat a notamment contribué à informer la révision des zones inondables et la conception d’infrastructures résilientes pour la gestion des eaux pluviales.

Suivant
Suivant

MRC de Nicolet-Yamaska : intégrer la biodiversité et les services écologiques à la planification territoriale