Autres mesures de conservation efficaces (AMCE) : Associer activités humaines et conservation de la biodiversité
Contrairement aux aires protégées, les AMCE n’ont pas pour seul objectif la conservation de la biodiversité, et les activités humaines n’y sont pas donc exclues. Ces activités doivent cependant être compatibles avec la conservation de la biodiversité à perpétuité.
Alors, comment s’assurer de cette compatibilité ?
Les lignes directrices élaborées pour la réalisation du projet
En 2024, le gouvernement du Québec a élaboré les Lignes directrices pour la reconnaissance des autres mesures de conservation efficaces (AMCE) en milieu continental au Québec. Cette étape importante a pour objectif de prêter le pas au gouvernement du Canada dans l’atteinte de la cible 3 du cadre mondial de la biodiversité, qui vise à protéger 30 % des terres, eaux intérieures et milieux marins d’ici 2030.
Pour produire ces lignes directrices, le MELCCFP avait fait appel à Habitat en 2022 pour réaliser une revue de littérature approfondie sur les AMCE à l’échelle mondiale et formuler des recommandations pour leur reconnaissance au Québec.
Nos recommandations : Une gestion en faveur de la biodiversité
Contrairement aux aires protégées, une AMCE peut avoir des objectifs variés, tout en générant des résultats positifs pour la biodiversité :
Un suivi des mesures de conservation doit être réalisé ;
Une planification à l’échelle du paysage doit être faite pour conserver les zones d’importance pour la biodiversité et renforcer la résilience globale des écosystèmes ;
Le système de gestion doit prévoir des mesures permettant de contrôler les menaces actuelles et futures.
Une revue de la littérature essentielle
Basées sur cette revue et ces recommandations, les lignes directrices permettent de guider les demandeurs de projets d’AMCE notamment en établissant les activités compatibles et susceptibles d’être incompatibles avec la conservation de la biodiversité. Cette susceptibilité complexifie cependant l’étude des dossiers et les activités doivent alors être étudiées au cas par cas.
Afin de faciliter l’étude des dossiers reçus, le gouvernement du Canada a mandaté Habitat pour déterminer de quelle façon plusieurs activités humaines peuvent être compatibles ou non avec la conservation de la biodiversité. Basée sur les connaissances les plus à jour, la revue de littérature produite informe sur les impacts de plusieurs activités humaines sur la biodiversité, soit l’aménagement forestier, les activités récréatives, la production et le transport d’énergie renouvelable.
Les résultats obtenus mettent en lumière plusieurs faits importants, à considérer lors de l’analyse de projets d’AMCE :
Parmi les activités d’aménagement forestier, seules les pratiques de gestion durable (par ex. coupes partielles avec couvert permanent ou l’acériculture avec aménagement favorisant la biodiversité) peuvent être compatibles avec la conservation de la biodiversité ;
La présence de sentiers a des impacts variables sur la biodiversité ;
Les activités récréatives hivernales ont des impacts variables sur la biodiversité et devraient être limitées dans les zones sensibles ;
Les activités récréatives motorisées impactent fortement la faune (même depuis les sentiers) et ne sont pas compatibles avec la conservation de la biodiversité ;
La construction d’infrastructures impacte fortement la biodiversité donc n’est pas compatible avec les territoires de conservation ;
Les barrages ne sont pas compatibles avec la conservation de la biodiversité.
L’intensité des activités humaines sur la biodiversité varie et la littérature ne permet pas d’établir clairement les critères d’ampleur et d’intensité critiques d’une activité humaine pour la conservation. Ainsi, les activités présentes sur le territoire d’une AMCE devraient être suivies dans le temps, afin de s’assurer qu’elles n’impactent pas l’état de la biodiversité présente.
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